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Gevilon® 450 / Gevilon® Uno

Pfizer AG

Composition

Principes actifs

Gemfibrozilum.

Excipients

Gevilon 450 mg: cellulosum microcristallinum, amylum pregelificatum, silica colloidalis anhydrica, polysorbatum 80, carboxymethylamylum natricum A (corresp. 0.34 mg natrium), magnesii stearas, hypromellosum, talcum, titanii dioxidum, macrogolum 6000, simeticonum.

Teneur en sodium: 0.3 mg par comprimé pelliculé.

Gevilon Uno: amylum pregelificatum, carboxymethylamylum natricum A (corresp. 0.68 mg natrium), silicii dioxidum praecipitatum, polysorbatum 80, silica colloidalis anhydrica, magnesii stearas, hypromellosum, talcum, titanii dioxidum, macrogolum 6000, simeticonum.

Teneur en sodium: 0.7 mg par comprimé pelliculé.

Forme pharmaceutique et quantité de principe actif par unité

Comprimés pelliculés.

Gevilon 450 mg: 1 comprimé pelliculé contient 450 mg de gemfibrozil. Comprimé pelliculé blanc, poli mat, oblong, biconvexe, sans inscription.

Gevilon Uno: 1 comprimé pelliculé contient 900 mg de gemfibrozil. Comprimé pelliculé blanc, ovale, biconvexe, sans inscription.

Indications/Possibilités d’emploi

Gevilon est indiqué en tant que traitement de soutien en complément d'un régime alimentaire et d'autres mesures non médicamenteuses (p.ex. sport, perte pondérale) dans les affections suivantes:

·Hypertriglycéridémie sévère associée ou non à un faible taux de cholestérol HDL.

·Hyperlipidémie mixte lorsqu'une statine est contre-indiquée ou non tolérée.

·Hypercholestérolémie primaire lorsqu'une statine est contre-indiquée ou non tolérée.

Prévention primaire

Réduction de la morbidité cardiovasculaire chez les hommes présentant un taux élevé de cholestérol non HDL et un risque élevé de survenue d'un premier événement cardiovasculaire, lorsqu'une statine est contre-indiquée ou non tolérée (voir «Propriétés/Effets - Efficacité clinique»).

Posologie/Mode d’emploi

Adultes

Gevilon Uno: 1 comprimé pelliculé le soir.

Gevilon 450 mg: 2 comprimés pelliculés le soir.

L'effet de Gevilon est soumis à de fortes variations individuelles. Sous contrôle des lipidémies, la dose pourra être adaptée jusqu'à atteindre 900-1350 mg de gemfibrozil.

Dans certains cas, une dose journalière de 1350 mg de gemfibrozil peut s'avérer nécessaire. Dans ces cas, Gevilon sera administré à raison d'un comprimé pelliculé le matin et 2 comprimés pelliculés le soir.

Avaler les comprimés pelliculés de Gevilon sans les croquer, avec du liquide, au moment des repas.

Les mesures complémentaires prescrites par le médecin (régime alimentaire, perte pondérale, réduction de la consommation d'alcool, etc.) doivent continuer à être observées durant le traitement par Gevilon.

Si au bout de 3 mois, après avoir respecté les directives de traitement et s'être soumis à des contrôles réguliers, il n'est pas possible d'atteindre une diminution suffisante des lipides (soit une baisse du cholestérol d'environ 10% et/ou une baisse des triglycérides de 20%) il faut renoncer à poursuivre le traitement par Gevilon.

Instructions posologiques particulières

Patients présentant des troubles de la fonction hépatique

Gevilon est contre-indiqué chez les patients présentant une insuffisance hépatique.

Patients présentant des troubles de la fonction rénale

Chez les patients atteints d'insuffisance rénale légère à modérée (taux de filtration glomérulaire de 50 à 80 ou de 30 à <50 ml/min), le traitement doit être instauré avec 900 mg par jour. Avant une augmentation posologique, la fonction rénale doit être contrôlée. Gevilon ne doit pas être utilisé chez les patients atteints d'insuffisance rénale sévère.

Enfants et adolescents

L'utilisation de Gevilon n'a pas été étudiée chez les enfants et les adolescents et par conséquent, elle n'est pas recommandée pour ce groupe de patients.

Contre-indications

·Limitation de la fonction hépatique.

·Cholécystopathies avec ou sans formation de calculs, également dans l'anamnèse.

·Troubles sévères de la fonction rénale (CrCl <30 ml/min).

·Administration concomitante de gemfibrozil avec les principes actifs suivants (voir «Mises en garde et précautions» et «Interactions»):

·simvastatine

·rosuvastatine à un dosage de 40 mg

·répaglinide (voir «Interactions»)

·dasabuvir (voir «Mises en garde et précautions» et «Interactions»)

·sélexipag (voir «Interactions»)

·Patients présentant des antécédents de réactions photoallergiques ou phototoxiques sous un traitement par des fibrates.

·Grossesse, allaitement.

·Hypersensibilité au gemfibrozil ou à l'un des excipients conformément à la composition.

Mises en garde et précautions

Contrôle des taux lipidiques

Pendant le traitement par le gemfibrozil, des contrôles réguliers des taux lipidiques sont nécessaires. Une augmentation paradoxale du cholestérol (total et LDL) peut parfois survenir chez les patients atteints d'hypertriglycéridémie. Si, après 3 mois de traitement à la posologie recommandée, le succès thérapeutique n'est pas suffisant, il faudra interrompre le traitement et envisager un autre traitement.

Affections de la musculature (myopathie/rhabdomyolyse)

Des cas de myosite, de myopathie et d'élévation significative de la créatine-phosphokinase qui ont été mis en rapport avec le gemfibrozil ont été observés. Dans de rares cas, des rhabdomyolyses ont également été rapportées.

Association avec des inhibiteurs de l'HMG-CoA-réductase

L'administration concomitante de gemfibrozil avec des inhibiteurs de l'HMG-CoA-réductase peut conduire à une myosite sévère avec élévation significative de la créatine-phosphokinase (CPK) et myoglobinurie (due à une rhabdomyolyse). Des interactions pharmacocinétiques sont également possibles, nécessitant une adaptation posologique. L'administration concomitante de gemfibrozil avec de la simvastatine ainsi que de la rosuvastatine (à un dosage de 40 mg) est contre-indiquée. Un traitement simultané par le gemfibrozil et la rosuvastatine à des doses réduites ne doit être administré que si les bénéfices sont supérieurs aux risques.

Détermination de la créatine-phosphokinase

La créatine-phosphokinase (CPK) ne doit pas être mesurée après des efforts physiques intenses ou si une autre cause est susceptible de provoquer une élévation du taux de CPK, car l'interprétation des données s'en trouverait compliquée. Si, au début du traitement, les taux de CPK sont nettement élevés (plus de 5 fois la limite supérieure de la norme [ULN]) il faudra procéder, à des fins de vérification, à de nouvelles mesures en l'espace de 5 à 7 jours. Si les taux mesurés se confirment (CPK >5x ULN), le traitement par gemfibrozil ne doit pas être instauré. Une lésion musculaire doit être évoquée chez tout patient présentant des myalgies diffuses, une faiblesse musculaire et/ou une élévation significative de la CPK musculaire (>5x ULN). Dans ces conditions, le traitement doit être interrompu.

Examen avant le début du traitement

L'association de gemfibrozil avec des inhibiteurs de l'HMG-CoA-réductase doit être prescrite avec prudence aux patients présentant des facteurs prédisposant à l'apparition d'une rhabdomyolyse.

Des mesures de la créatine-phosphokinase doivent être effectuées avant le début du traitement par une telle association dans les cas suivants:

·insuffisance rénale,

·hypothyroïdie,

·myopathie héréditaire dans l'anamnèse personnelle ou familiale,

·antécédents de complications toxico-musculaires liées à l'administration d'une statine ou de fibrates,

·abus d'alcool,

·patients âgés (>70 ans). La nécessité d'une telle mesure doit être envisagée lorsque les patients de cette catégorie présentent des facteurs supplémentaires prédisposant à l'apparition d'une rhabdomyolyse.

Dans de telles situations, il est nécessaire de procéder à une analyse précise des avantages et des risques, et d'effectuer une surveillance clinique. Si, avant le début du traitement, les taux de CPK sont nettement élevés (>5x ULN), un traitement ne sera pas instauré.

Surveillance pendant le traitement

Si au cours d'un traitement, un patient souffre de douleurs musculaires, de faiblesse musculaire ou de crampes musculaires, le taux de CPK doit être mesuré. Si le taux sanguin est significativement élevé (>5x ULN), le traitement sera interrompu.

L'arrêt du traitement doit être envisagé lorsque les symptômes musculaires se révèlent importants et qu'ils constituent une gêne permanente, même si les taux de CPK s'élèvent à ≤5x ULN.

Un nouveau traitement par le gemfibrozil, par un autre fibrate ou par l'association d'un fibrate avec un inhibiteur de l'HMG-CoA-réductase peut être envisagé avec un dosage minimal et une surveillance étroite lorsque les symptômes disparaissent et que le taux de CPK s'est normalisé.

Substrats du CYP2C8

Le gemfibrozil est un inhibiteur du CYP2C8, ce qui peut augmenter l'exposition aux substrats du CYP2C8 en cas d'administration concomitante (voir «Contre-indications» et «Interactions»).

Contrôle de la fonction hépatique

Une élévation des valeurs de la fonction hépatique a été observée après l'administration de gemfibrozil, touchant p.ex. les transaminases hépatiques ASAT et ALAT, la phosphatase alcaline, la LDH, la créatine-phosphokinase (CPK) et la bilirubine. Ces élévations sont généralement réversibles à l'arrêt du traitement. C'est pourquoi des tests réguliers de la fonction hépatique sont recommandés. Le traitement doit être interrompu si les anomalies persistent.

Contrôle de la formule hématologique

Une légère diminution de l'hémoglobine, de l'hématocrite et des leucocytes a été observée. Des rares cas d'anémie, de leucopénie, de thrombopénie, d'éosinophilie et d'hypoplasie médullaire ont été rapportés. En conséquence, un contrôle régulier de la formule hématologique pendant les premiers 12 mois du traitement par le gemfibrozil est recommandé.

Utilisation chez les patients atteints de lithiase biliaire

Le gemfibrozil peut augmenter l'excrétion de cholestérol dans la bile, et de ce fait favoriser la formation de calculs biliaires. Des cas de cholélithiase ont été rapportés et mis en rapport avec un traitement par gemfibrozil. En cas de suspicion de cholélithiase, des examens de la vésicule biliaire sont recommandés. Le traitement par gemfibrozil doit être interrompu en cas de calculs biliaires.

Administration concomitante d'antidiabétiques

Des réactions hypoglycémiques ont été signalées après l'administration concomitante de gemfibrozil et d'antidiabétiques (antidiabétiques oraux et insuline). Il est recommandé de surveiller la glycémie.

Administration concomitante d'anticoagulants

Le gemfibrozil peut renforcer l'effet anticoagulant des antagonistes de la vitamine K de type coumarine, comme la warfarine, l'acénocoumarol ou le phenprocoumon. L'administration concomitante de gemfibrozil avec ces anticoagulants requiert une surveillance étroite du temps de prothrombine (INR – International Normalised Ratio). Une réduction de la dose de warfarine, d'acénocoumarol ou de phenprocoumon peut s'avérer nécessaire pour maintenir le taux de prothrombine au niveau désiré et ainsi éviter des complications hémorragiques.

Ce médicament contient moins de 1 mmol (23 mg) de sodium par comprimé pelliculé, c.-à-d. qu'il est essentiellement «sans sodium».

Interactions

Substrats du CYP2C8

Le gemfibrozil est un inhibiteur du CYP2C8. Il peut augmenter l'exposition de principes actifs qui sont principalement métabolisés par le CYP2C8 (p.ex. dabrafénib, lopéramide, enzalutamide [voir ci-dessous], montélukast, paclitaxel, pioglitazone, rosiglitazone [non autorisée en Suisse], voir aussi «Interactions - Antidiabétiques oraux») (voir «Mises en garde et précautions - Substrats du CYP2C8»). L'administration concomitante de gemfibrozil peut donc nécessiter une réduction des doses de principes actifs principalement métabolisés par le CYP2C8.

L'administration concomitante de gemfibrozil et de répaglinide à des volontaires sains a entraîné une multiplication par 8.1 de l'AUC et par 2.4 de la Cmax du répaglinide. Au cours de cette même étude, l'administration concomitante de gemfibrozil plus itraconazole et de répaglinide entraînait une multiplication par 19.4 de l'AUC et par 2.8 de la Cmax de la répaglinide. De plus, l'administration concomitante de gemfibrozil ou gemfibrozil plus itraconazole a renforcé l'effet hypoglycémique du répaglinide. En raison du risque accru d'une hypoglycémie sévère, l'administration concomitante de gemfibrozil et de répaglinide est ainsi contre-indiquée (voir «Contre-indications» et «Mises en garde et précautions»).

L'administration concomitante de gemfibrozil et de dasabuvir a entraîné une multiplication par 11.3 de l'AUC et par 2.01 de la Cmax du dasabuvir en raison de l'effet inhibant sur le CYP2C8. Une exposition accrue au dasabuvir peut augmenter le risque d'un allongement de l'intervalle QT. L'administration concomitante de gemfibrozil et de dasabuvir est donc contre-indiquée (voir «Contre-indications» et «Mises en garde et précautions»).

L'administration concomitante de gemfibrozil et de sélexipag a doublé l'AUC du sélexipag et entraîné une multiplication par 11 env. de l'AUC du métabolite actif ACT-333679. L'administration concomitante de gemfibrozil et de sélexipag est contre-indiquée (voir «Contre-indications»).

Une étude a montré que l'administration d'une dose unique de 160 mg d'enzalutamide à des volontaires sains prenant 600 mg de gemfibrozil deux fois par jour entraînait une multiplication par 2.2 de l'AUC ainsi qu'une diminution de 16% de la Cmax de l'enzalutamide et de son métabolite actif (N-desméthyl enzalutamide). Une augmentation de l'exposition à l'enzalutamide peut accroître le risque d'accident vasculaire cérébral. En cas d'administration concomitante de gemfibrozil et d'enzalutamide, la dose d'enzalutamide doit être réduite (voir «Mises en garde et précautions - Substrats du CYP2C8»).

Inhibiteurs de l'HMG-CoA-réductase

L'administration concomitante de gemfibrozil avec des inhibiteurs de l'HMG-CoA-réductase (voir «Mises en garde et précautions») peut provoquer l'apparition d'une myosite grave avec élévation marquée du taux de créatine-phosphokinase et myoglobinurie (en raison d'une rhabdomyolyse).

Il faut d'une manière générale renoncer à l'association du gemfibrozil et d'une statine. La monothérapie par les fibrates est occasionnellement associée à des myopathies. Un risque accru d'événements indésirables musculo-squelettiques, y compris une rhabdomyolyse, a été observé en cas d'administration concomitante de fibrates et de statines. L'administration concomitante de gemfibrozil avec de la simvastatine ainsi que de la rosuvastatine (à un dosage de 40 mg) est contre-indiquée. Un traitement simultané par le gemfibrozil et la rosuvastatine à des doses réduites ne doit être administré que si les bénéfices sont supérieurs aux risques.

Le gemfibrozil influence également la pharmacocinétique de la simvastatine, de la lovastatine, de la pravastatine et de la rosuvastatine. Lors d'une administration concomitante, le gemfibrozil a provoqué une multiplication par 3 environ de l'AUC de la forme acide de la simvastatine et une multiplication par 3 de l'AUC de la pravastatine. Le mécanisme de l'interaction avec la simvastatine repose probablement sur l'inhibition de la glucuronidation par l'UGTA1 et l'UGTA3. L'interaction avec la pravastatine pourrait survenir en raison d'une interférence avec les protéines de transport. Une étude a montré que l'administration concomitante d'une dose unique de 80 mg de rosuvastatine à des volontaires sains prenant 600 mg de gemfibrozil 2 fois par jour entraînait une multiplication par 2.2 de la Cmax moyenne et par 1.9 de l'AUC moyenne de la rosuvastatine.

Anticoagulants

Le gemfibrozil peut renforcer l'effet anticoagulant des antagonistes de la vitamine K de type coumarine, comme la warfarine (non autorisée en Suisse), l'acénocoumarol ou le phenprocoumon. En conséquence, au début du traitement par gemfibrozil, la dose de warfarine doit être abaissée de 30-50% et la coagulation réajustée en fonction du temps de prothrombine (INR). Une réduction de la posologie de la dose correspondante peut s'avérer nécessaire pour les autres antagonistes de la vitamine K de type coumarine en cas d'administration concomitante avec le gemfibrozil.

Antidiabétiques oraux

Le gemfibrozil peut améliorer le métabolisme des hydrates de carbone en cas de diabète sucré et de ce fait abaisser la glycémie chez les patients recevant des antidiabétiques oraux du type des sulfonylurées.

La prudence est de rigueur en cas d'administration concomitante de gemfibrozil et de rosiglitazone (non autorisée en Suisse). En effet, cette association a provoqué une multiplication par 2.3 de l'exposition systémique à la rosiglitazone.

Estrogènes

Les estrogènes peuvent provoquer une augmentation des lipides sériques. En conséquence, le rapport bénéfice/risque d'un traitement simultané par Gevilon et des estrogènes ou des contraceptifs contenant des estrogènes sera soigneusement évalué pour chaque cas.

Résines échangeuses d'ions

La prise concomitante de résines échangeuses d'anions, comme p.ex. le colestipol ou la colestyramine, peut entraver l'absorption du gemfibrozil. En conséquence, un intervalle de 2 heures au moins sera respecté entre la prise des résines échangeuses d'anions et celle de gemfibrozil.

Bexarotène

L'administration concomitante de gemfibrozil et de bexarotène est déconseillée. Une analyse de la concentration de bexarotène chez les patients atteints de lymphome cutané à cellules T (CTCL) a montré que l'administration concomitante de gemfibrozil provoquait une élévation substantielle des taux plasmatiques de bexarotène.

Colchicine

L'administration concomitante de colchicine (non autorisée en Suisse) et de gemfibrozil peut accroître le risque de toxicité neuromusculaire et de rhabdomyolyse. Chez les patients âgés et les patients présentant une fonction hépatique ou rénale limitée, ce risque peut être accru. Les symptômes correspondants persistent en général entre une semaine et quelques mois après l'arrêt de la colchicine. Une surveillance est recommandée, surtout au début d'un traitement associé.

Études in vitro avec enzymes CYP, enzymes UGTA et transporteurs OATP1B1

Des études in vitro ont montré un effet inhibiteur du gemfibrozil sur les enzymes CYP1A2, CYP2C8, CYP2C9, CYP2C19, OATP 1B1 ainsi que UGT 1A1 et UGT 1A3 (voir «Mises en garde et précautions»).

Le gemfibrozil étant fortement lié aux protéines plasmatiques, des interactions avec d'autres médicaments sont possibles suite à des réactions de déplacement au site de liaison.

Grossesse, allaitement

Grossesse

On ne dispose pas d'études contrôlées chez la femme enceinte. L'expérimentation animale n'a fourni aucun indice de potentiel tératogène, des effets au niveau du développement ont toutefois été constatés (prise de poids réduite, variations du squelette). Le médicament ne doit pas être administré pendant la grossesse.

Allaitement

Aucune donnée n'est disponible sur un éventuel passage du gemfibrozil dans le lait maternel. Gevilon ne doit pas être utilisé pendant l'allaitement.

Effet sur l’aptitude à la conduite et l’utilisation de machines

Aucune étude correspondante n'a été effectuée. Dans des cas isolés, des endormissements et des troubles visuels ayant une influence négative sur l'aptitude à la conduite peuvent survenir.

Effets indésirables

Les effets indésirables sont classés par classe d'organe et par groupe de fréquence selon la convention suivante: très fréquents (≥1/10); fréquents (≥1/100 à <1/10), occasionnels (≥1/1000 à <1/100), rares (≥1/10'000 à <1/1000), très rares (<1/10'000).

Affections hématologiques et du système lymphatique

Rares: thrombopénie, leucopénie, légère baisse des valeurs de l'hémoglobine et de l'hématocrite, anémie sévère, éosinophilie, dépression de la moelle osseuse (voir «Mises en garde et précautions»).

Affections du système immunitaire

Rares: angiœdème, œdème du larynx, urticaire.

Affections du système nerveux

Fréquents: céphalée, vertiges.

Rares: somnolence, endormissement, paresthésie, dépression, neuropathie périphérique.

Affections oculaires

Rares: troubles de la vision (vision floue).

Affections cardiaques

Occasionnels: fibrillation auriculaire.

Affections gastro-intestinales

Très fréquents: dyspepsie (19.6%).

Fréquents: douleurs abdominales, constipation, ballonnements, inappétence, nausée, vomissements, diarrhée.

Rares: pancréatite, appendicite aiguë.

Affections hépatobiliaires

Rares: ictère cholestatique, cholécystite, lithiase biliaire, limitation de la fonction hépatique, hépatite.

Dans des cas isolés, une augmentation des transaminases et de la phosphatase alcaline a été rapportée.

En raison de l'excrétion accrue de cholestérol sous traitement par gemfibrozil, l'indice lithogène ainsi que le risque de calculs biliaires peuvent augmenter.

Affections de la peau et du tissu sous-cutané

Fréquents: eczéma, rash cutané.

Rares: dermatite exfoliative, dermatite, prurit, alopécie, photosensibilité.

Affections musculo-squelettiques et du tissu conjonctif

Rares: arthralgie, synovite, myalgie, myopathie, myasthénie, douleurs dans les extrémités et myosite accompagnée d'une augmentation de la créatine-phosphokinase (CPK), rhabdomyolyse, un effet indésirable pouvant mettre en jeu le pronostic vital (voir «Mises en garde et précautions»).

Affections du rein et des voies urinaires

Augmentation de la créatininémie chez les patients présentant une insuffisance rénale préexistante.

Affections des organes de reproduction et du sein

Rares: impuissance, diminution de la libido.

Troubles généraux et anomalies au site d'administration

Fréquents: fatigue.

L'annonce d'effets secondaires présumés après l'autorisation est d'une grande importance. Elle permet un suivi continu du rapport bénéfice-risque du médicament. Les professionnels de santé sont tenus de déclarer toute suspicion d'effet secondaire nouveau ou grave via le portail d'annonce en ligne ElViS (Electronic Vigilance System). Vous trouverez des informations à ce sujet sur www.swissmedic.ch.

Surdosage

À l'apparition de signes d'intoxication comme crampes abdominales, anomalie des valeurs des tests hépatiques, diarrhée, élévation des taux de CPK, douleurs articulaires et musculaires, nausée et vomissements, l'instauration d'un traitement symptomatique est indiquée.

Propriétés/Effets

Code ATC

C10AB04

Mécanisme d'action

Voir «Pharmacodynamique».

Pharmacodynamique

Le gemfibrozil, le principe actif de Gevilon, exerce une action régulatrice sur le métabolisme altéré des lipides sanguins: il diminue les VLDL, les triglycérides, le cholestérol total et le cholestérol LDL tandis qu'il augmente les taux du cholestérol HDL.

Au cours des études menées chez l'être humain, une inhibition de la lipolyse périphérique et une diminution de l'absorption hépatique des acides gras libres à partir du plasma ont été observées. La fraction plasmatique des VLDL diminue suite à l'inhibition de la synthèse des apoprotéines B.

Le gemfibrozil augmente en outre les sous-fractions HDL 2 et HDL 3 ainsi que les apolipoprotéines A I et A II. L'expérimentation animale a révélé que le gemfibrozil accélère le métabolisme et l'évacuation hépatique du cholestérol.

Efficacité clinique

Il a été démontré qu'un traitement par fibrates réduit la fréquence d'événements liés à une maladie coronarienne. Rien n'indique cependant que les fibrates exercent un effet positif en ce qui concerne la mortalité par toutes causes dans le cadre de la prévention primaire et secondaire de maladies cardiovasculaires.

Au cours d'une étude de prévention primaire de 5 ans menée avec 4081 hommes d'âge moyen, le gemfibrozil a permis, en association avec un régime hypocholestérolémiant, de réduire le risque d'apparition d'une maladie coronarienne. Par ailleurs, l'incidence des infarctus myocardiques mortels et non mortels a nettement diminué.

L'étude VA-HIT est une étude qui a été réalisée en double aveugle pour comparer le gemfibrozil (1200 mg par jour) à un placebo chez 2531 hommes présentant des antécédents anamnestiques de maladie coronarienne, un taux de cholestérol HDL inférieur à 40 mg/dl (1.0 mmol/l) et un taux normal de cholestérol LDL. Après un an de traitement, le taux moyen de cholestérol HDL était de 6% plus élevé et le taux moyen de triglycérides était de 31% plus bas dans le groupe gemfibrozil par rapport au groupe placebo. Le critère d'évaluation principal, la survenue d'un infarctus du myocarde non fatal ou d'un décès d'origine cardiaque, est survenu chez 17.3% des patients traités par le gemfibrozil et chez 21.7% des patients recevant le placebo (réduction de 22% du risque relatif; IC à 95%: 7-35%, p=0.006). En ce qui concerne les critères secondaires, chez les patients traités par le gemfibrozil, le risque relatif a été réduit de 25% (IC à 95%: 6-47%, p=0.10) pour les accidents vasculaires cérébraux, de 24% (IC à 95%: 11-36%, p<0.001) pour le critère combiné incluant les décès d'origine coronaire, les infarctus du myocarde non fatals et les accidents vasculaires cérébraux confirmés, de 59% (IC à 95%: 33-75%, p<0.001) pour les accidents ischémiques transitoires et de 65% (IC à 95%: 37-80%, p<0.001) pour l'endartérectomie carotidienne.

Pharmacocinétique

Absorption

Après administration orale, le gemfibrozil est rapidement et presque totalement absorbé. Le pic plasmatique est observé 1-2 heures après l'administration.

Distribution

Le gemfibrozil est lié à 97% à l'albumine sérique.

Métabolisme

Le gemfibrozil subit un métabolisme intensif au sein de l'organisme.

Élimination

La demi-vie plasmatique est de 1½ heure.

La voie d'excrétion principale est le rein; environ 70% de la dose administrée apparaissent dans l'urine, dont 0.2-0.3% sous forme de gemfibrozil inchangé et environ 30% sous forme conjuguée. Quelque 6% restants de la dose administrée se retrouvent dans les selles.

Aucun phénomène d'accumulation n'a été observé durant le traitement par Gevilon.

Données précliniques

Mutagénicité

Des investigations concernant la mutagénicité du gemfibrozil n'ont fourni aucun indice de potentiel mutagène.

Carcinogénicité

Lors de l'administration de hautes doses au rat et à la souris, des tumeurs hépatiques dues à la prolifération de peroxysomes sont apparues. Ces modifications sont typiques chez les petits rongeurs et n'ont pas été observées chez d'autres espèces animales. Aucune pertinence ne découle de cette observation pour l'emploi thérapeutique chez l'homme.

Toxicité sur la reproduction

Chez le rat et le lapin, l'exposition prénatale au gemfibrozil à des doses supérieures à la posologie thérapeutique a provoqué des retards de la croissance (prise de poids réduite et variations du squelette). Aucun indice de potentiel tératogène n'a été mis en évidence.

Remarques particulières

Stabilité

Le médicament ne doit pas être utilisé au-delà de la date figurant après la mention «EXP» sur le récipient.

Remarques particulières concernant le stockage

Conserver à température ambiante (15-25 °C) et hors de portée des enfants.

Numéro d’autorisation

46927 (Swissmedic).

Présentation

Gevilon 450 mg, comprimés pelliculés: 100. [B]

Gevilon Uno, comprimés pelliculés: 50. [B]

Titulaire de l’autorisation

Pfizer AG, Zürich.

Mise à jour de l’information

Avril 2021.

LLD V015